Gestion & facturation

Vendre du vin à un restaurant : facturer, encaisser, relancer

Publié le 15 septembre 2026 · 5 min de lecture · par , fondateur de Hubcave

En bref. Vendre à un restaurant, un traiteur ou un bar à vins n'est pas vendre au comptoir en plus grand. Le prix se négocie hors taxes, la facture porte des mentions que le ticket de caisse n'a pas, le paiement arrive à trente jours quand il arrive, et la facture électronique devient la norme. Un caviste qui traite ce canal « comme le reste » y perd de la marge, ou des heures le soir. Voici ce qu'il faut poser une fois pour que chaque commande pro prenne cinq minutes.

Le restaurant d'en face est souvent le premier client professionnel d'une cave, et le plus précieux : des volumes réguliers, une carte qui fait connaître vos vins, un chef qui parle de vous. C'est aussi le client qui paie le plus tard et qui exige le plus de papier. Les deux se gèrent, à condition de ne pas improviser.

1. Le tarif pro : hors taxes, écrit, daté

Au comptoir vous vendez toutes taxes comprises ; à un restaurant vous vendez hors taxes, et la remise se calcule sur ce prix-là. Décidez une grille avant la première commande — par exemple une remise par palier de quantité, ou un prix pro par référence — et écrivez-la. Un tarif pro qui vit dans votre tête change d'un mois à l'autre, et c'est le restaurateur qui s'en souviendra.

Vérifiez la marge après remise : une bouteille achetée 9 € HT et vendue 13 € HT au restaurant vous laisse 4 €, avant le temps de livraison. Certaines références ne supportent pas la remise pro ; dites-le plutôt que de vendre à perte.

2. La commande : un bon, pas un texto

Le SMS du chef à 23 h — « tu me remets 12 Morgon et 24 Picpoul ? » — est une commande. Transformez-le en bon de commande ou bon de livraison daté, avec les quantités, les millésimes et le prix HT : c'est ce document que vous signerez à la livraison et qui justifiera la facture. En cas de désaccord sur les quantités livrées, c'est lui qui tranche, pas le texto.

3. La facture : les mentions qui ne se rattrapent pas

Une facture à un professionnel doit porter, au minimum : votre identité complète (dénomination, adresse, SIRET, numéro de TVA), celle de l'acheteur (nom, adresse, SIRET), le numéro de facture unique et chronologique, la date d'émission, la date de livraison, la désignation précise de chaque ligne (vin, millésime, format, quantité, prix unitaire HT, taux de TVA), les totaux HT, TVA et TTC, la date d'échéance, le taux des pénalités de retard et l'indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 € (articles L441-10 et D441-5 du code de commerce).

Deux pièges fréquents. Le premier : oublier le SIRET ou l'adresse du client parce que « c'est le resto d'à côté ». Sans eux, la facture n'est pas conforme et la facture électronique la refusera. Le second : corriger une facture émise. Une facture émise ne se modifie pas ; une erreur se répare par un avoir, puis une nouvelle facture. Un logiciel qui vous laisse éditer une facture après émission vous rend un mauvais service.

4. La facture électronique : Factur-X, dès maintenant

Depuis septembre 2026, toutes les entreprises doivent pouvoir recevoir des factures électroniques, et l'obligation d'émettre se déploie par taille d'entreprise. Concrètement, votre restaurant client va vous demander un fichier au format Factur-X — un PDF lisible qui embarque un XML structuré, conforme à la norme EN 16931 — plutôt qu'un PDF scanné. Sans échéance convenue, le fichier doit porter la mention légale du délai de règlement applicable ; sans SIRET acheteur, il sera rejeté par la plateforme.

Ce n'est pas un sujet d'expert-comptable : c'est le format dans lequel vous facturerez tous vos clients pros d'ici deux ans. La page facturation électronique pour caviste détaille le calendrier.

Une facture depuis le catalogue, en cinq clics

Dans Hubcave, le client vient de votre fichier, chaque ligne vient de votre catalogue avec son prix HT et sa TVA, les mentions légales sont posées, et la facture émise est inaltérable : PDF et Factur-X sont générés ensemble. Encaissée, elle met à jour le stock, la fiche client et l'export comptable.

Voir la facturation

5. Le délai de paiement : trente jours, et une date sur la facture

Entre professionnels, le délai par défaut est de trente jours après réception des marchandises ; il peut être porté à soixante jours par convention, ou quarante-cinq jours fin de mois. Le point qui compte n'est pas le chiffre : c'est qu'une date d'échéance figure sur la facture. Sans elle, vous relancerez « à vue de nez » et le client répondra « je n'avais pas la date ».

Pour un nouveau client pro, rien n'interdit de demander le paiement à la livraison sur les deux premières commandes. Un lien de paiement par carte envoyé avec la facture évite la discussion sur le pas de la porte.

6. La relance : à J+1, courtoise, écrite

Un restaurateur qui paie en retard n'est pas de mauvaise foi ; il a cinquante fournisseurs et une trésorerie qui respire au rythme des services. Ce qui fonctionne : une relance le lendemain de l'échéance, par mail, avec la facture jointe et le montant restant dû, sans reproche. Puis une seconde à J+8, et un appel à J+15. Ce qui ne fonctionne pas : attendre un mois « pour ne pas le braquer », puis relancer trois factures d'un coup.

Gardez la trace de chaque relance sur la fiche du client : date, canal, réponse. Le jour où il faut faire jouer les pénalités de retard, c'est cette trace qui compte. Et le jour où vous décidez qu'un client pro n'est plus rentable, c'est elle qui vous le dit.

7. Ce que le canal pro change dans votre stock

Douze Morgon pour un restaurant, c'est deux semaines de ventes au comptoir qui partent en une livraison. Si la commande n'est pas déduite du stock au moment où elle est préparée, votre boutique en ligne vend des bouteilles que vous n'avez plus, et vous découvrez la rupture devant un client. Une commande pro doit réserver le stock à sa préparation, pas à sa facturation. C'est la différence entre un outil de facturation et un outil de caviste.

À retenir

Cet article présente le cadre général de la facturation entre professionnels et ne constitue pas un conseil juridique ou comptable.

Pour aller plus loin : calculer la marge d'une bouteille · capsule CRD et expédition · le portail client B2B

Questions fréquentes

Facturer un restaurant quand on est caviste

Quel délai de paiement peut-on imposer à un restaurant ?

Entre professionnels, le délai par défaut est de trente jours après réception des marchandises. Il peut être porté par convention à soixante jours, ou quarante-cinq jours fin de mois. L'essentiel est d'inscrire une date d'échéance sur la facture.

Quelles mentions sont obligatoires sur une facture à un professionnel ?

L'identité complète du vendeur et de l'acheteur (dont SIRET et adresse), un numéro unique et chronologique, les dates d'émission et de livraison, la désignation de chaque ligne avec prix unitaire HT et taux de TVA, les totaux HT, TVA et TTC, la date d'échéance, le taux des pénalités de retard et l'indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 €.

Peut-on modifier une facture après l'avoir émise ?

Non. Une facture émise est définitive. Une erreur se corrige par un avoir qui annule tout ou partie de la facture, puis par une nouvelle facture si nécessaire.

Qu'est-ce qu'une facture Factur-X ?

Un fichier PDF lisible qui contient aussi les données de la facture au format XML structuré, conforme à la norme européenne EN 16931. C'est le format hybride retenu pour la facturation électronique en France.

Comment relancer un restaurant qui paie en retard ?

Par écrit, dès le lendemain de l'échéance, avec la facture jointe et le montant restant dû, sans reproche. Puis une seconde relance à huit jours et un appel à quinze jours. Conservez la trace de chaque relance sur la fiche du client.

Facturer un pro sans ressaisie

Le client vient du CRM, les lignes du catalogue, Factur-X est généré avec le PDF. Encaissée, la facture met le stock à jour.